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Edito #15 et sommaire

L’Homme est un animal doté d’une grande capacité d’adaptation : nous nous étalons presque partout, des glaces jusqu’aux déserts de sable. Dans les territoires colonisés, la nature est transformée. Forêts, parcelles agricoles, zones urbaines : tout l’espace est agencé. Depuis quelques centaines d’années, les humains se sont considérablement développés au détriment du monde animal, qui lui, décline dramatiquement.

Edito #14 et sommaire

Lorsque nous avons choisi d’aborder le thème de la démocratie, en décembre dernier, nous faisions, comme beaucoup, le constat d’un système électoral fatigué. Dépités par avance par une campagne électorale s’annonçant morose, nous  demandant si cela avait encore un sens de donner sa voix au moins pire et rechignant au vote utile synonyme de continuité. Nous sommes alors partis à la rencontre de celles et ceux qui essaient d’améliorer les pratiques démocratiques, et se révoltent contre un pouvoir qui ne les représente plus. Celles et ceux qui croient que les idées passent avant les noms, et qui, souvent hors des partis, imaginent de nouvelles façons de gouverner.

Aux attentes de transparence, d’honnêteté et d’humilité des dirigeants, l’actualité répondait chaque jour par une nouvelle affaire. Mise en examen de François Fillon, châtelain qui ne comprend pas l’indécence d’utiliser à son profit l’argent public tout en réclamant le démantèlement de la sécurité sociale et la fin de l’« assistanat », poursuites judiciaires à l'encontre de Marine Le Pen, soupçons de favoritisme chez Emmanuel Macron… Aux demandes de renouveau politique s’opposaient les vieilles batailles d’égos et de partis, les impossibles rapprochements malgré des programmes sensiblement identiques et les alliances opportunistes trahissant les électeurs.

Edito#12 et sommaire

À l’heure où des millions de réfugiés sont forcés à une mobilité imposée par la guerre ou la terreur, nos problèmes d’embouteillages, de manques de pistes cyclables et de tarifs ferroviaires exorbitants sont bien relatifs. Mais derrière ces tracas du quotidien, la question de la politique des transports soulève des enjeux très importants, à commencer par la préoccupation environnementale. Le transport est le principal émetteur de gaz à effets de serre tout en rejetant d’autres polluants, essentiellement à cause de la route. Car après avoir façonné le territoire, l’automobile en reste la reine.

Edito #11 et sommaire

Il s’en est passé des choses depuis notre dernier numéro… Nous l’avions bouclé juste avant le début du phénomène Nuit Debout. Quatre mois après, l’effervescence est retombée. Mais l’apparence de ce calme estival ne doit pas être trompeuse. Les désillusions et la colère n’ont pas disparu. Les manifestations et les actions ont été nombreuses et bien garnies, elles devenaient si incontrôlables et déterminées que l’État a même parlé de les interdire. Ce qui s’est passé sur les places, dans les rues et dans les têtes est l’expression d’un besoin immense de renouveau et d’espoir. Il ne s’agit plus de réclamer tels ou tels nouveaux droits, de quémander le maintien de certains acquis. L’ambition est plus profonde, il s’agit de changer radicalement les mécanismes qui engendrent une situation dont on ne voit plus de débouchés. Chacun a pu s’exprimer lors de ces assemblées. Elles ont bien sûr leurs limites, les débats peuvent s’éterniser, tourner en rond, s’embourber ou prendre des directions qui n’intéressent pas grand monde. Mais ces espaces de discussions ont surtout servi à créer l’ébauche d’un commun qui manque tant à notre imaginaire et à nos réalités, à soupeser nos forces.

Edito #10 et sommaire

Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l’année dernière celui des 99% restants, en tenant compte des dettes, estime Oxfam. L’Organisation non gouvernementale a aussi calculé que les 62 premières fortunes mondiales possèdent autant que le reste du monde. Ces chiffres, difficiles à appréhender tellement ils sont vertigineux, illustrent magistralement l’accaparement des ressources par quelques-uns au détriment du plus grand nombre. Chaque année, lorsque la presse s’en fait l’écho, l’impuissance nous gagne. Le rouleau compresseur néo-libéral et ses valeurs individualistes semblent bien difficiles à freiner. Pourtant, des alternatives pointent timidement leur nez.

C’est le cas du concept des communs, qui depuis quelques années, fédère celles et ceux qui interrogent notre modèle économique et nos pratiques de gouvernance. Les communs nous proposent de sortir de la dualité entre un État tout-puissant et la privatisation généralisée, pour explorer les chemins de la gestion collective. Les communs peuvent aussi bien concerner les biens numériques que les ressources naturelles ou intellectuelles, s’appliquer à l’échelle d’une petite communauté ou à la terre entière. La force des communs repose sur leur capacité à lier des luttes jusque-là séparées : la « dégooglisation d’Internet » rejoint ainsi le mouvement de libération des semences dans une même optique de réappropriation des biens collectifs.

Edito #9 et sommaire

Si certains pouvaient encore en douter, les derniers évènements marquent assez clairement l’importance du moment de rupture que nous sommes en train de vivre. Les attentats de Paris ont plongé la France dans un état de sidération et d’effroi, que n’ont pas arrangé les déclarations martiales des dirigeants politiques et l’évocation par Manuel Valls de possibles attaques chimiques et bactériologiques.

Edito #8 et sommaire

Territoire ancestral de chasse et de cueillette, la forêt est liée à l’histoire des Hommes depuis la nuit des temps. Perçues comme l’expression de la nature par excellence, parfois enchantées, parfois hantées, les forêts ont toujours fasciné. C’est grâce à elles que l’on se chauffait et que l’on bâtissait maisons et bateaux. Si l’avènement du pétrole leur avait laissé un peu de répit, voilà qu’elles aiguisent à nouveau les appétits.
Après avoir failli disparaitre, la forêt recouvre aujourd’hui le tiers de la France et la filière bois représente un secteur économique important. Certains voudraient augmenter les prélèvements et industrialiser davantage le secteur. D’autres se refusent à nommer forêt une plantation de résineux en monoculture. Des arbres plantés en même temps, alignés et bien rangés, qui seront coupés ensemble à un âge qui correspond à leur adolescence, ne sont en effet pas comparables à toutes les richesses que peut offrir une forêt.

Edito #7 et sommaire

 Six mois se sont écoulés depuis notre dernier numéro et nous nous excusons auprès de nos abonnés et nos lecteurs qui espéraient retrouver notre journal au printemps… Nous avons reçu des courriers de soutien et des propositions d’aides après notre petit mot d’explication, nous remercions tous ceux qui ont pris le temps de nous répondre !

Ces six mois nous ont permis de réfléchir à l’avenir de Lutopik, qui s’efforcera de conserver un rythme de publication trimestriel. Nous parvenons à renforcer notre fonctionnement collectif, et nous avons toujours plus d’abonnés. S’il nous reste encore quelques petits problèmes à régler, nous avons toujours l’envie de continuer ! En mai, nous nous sommes rendus aux Rencontres des médias libres, une coordination qui regroupe plus de cinquante télés, radios, journaux et sites Internet, et dont nous faisons partie. Une des revendications de la coordination est la création d’un fonds de soutien pour les médias à but non lucratif, qui accomplissent une mission d’utilité publique avec des moyens très limités.

Edito #5 et sommaire

Unedu5.jpgLe numéro d'automne (n°5) de Lutopik est bouclé. Vous pourrez retrouver dans ce numéro un dossier consacré à l’agriculture biologique et son changement d’échelle. Certains de nos lecteurs se rappelleront sans doute qu’il n’y a pas si longtemps que ça, le bio n’était perçu que comme un repère d’illuminés par la majorité des agriculteurs et des consommateurs. Il est aujourd’hui aux portes du marché de masse et son développement est encouragé par les autorités politiques. Avec une certaine contradiction et la volonté de peser davantage sur le marché alimentaire, le secteur se rapproche dangereusement des méthodes industrielles. Une frange issue des mouvements pionniers de l’agriculture biologique continue cependant de défendre l’idée que le bio pourrait être à la base d’un profond changement social et agricole.

Edito #4 et sommaire

Lutopik4v34-page001.jpegIl y a un an, nous étions en pleine préparation du premier numéro de Lutopik. Nous en sommes maintenant au quatrième et c’est grâce à vous que l’aventure se poursuit. Pour répondre à une question qui nous est souvent posée, voici la petite histoire de ce magazine. À son origine, nous trouvons deux journalistes qui après avoir fréquenté quelques rédactions en étaient venus à ne plus trop aimer ce métier. Trop vite, trop mal, trop de sujets inutiles, trop de discours établis... Ce travail ne nous convenait pas, nous avions envie d’autres choses. Entre voyages, saisons et autres expériences, nous nous étions quelque peu écartés du monde de la presse. C’est en ramassant des châtaignes que nos chemins se sont croisés et que l’idée de créer ce journal a germé dans nos caboches, où trottaient encore les rêves de deux reporters.

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