« Les plantations ne sont pas une forêt »

Isabelle a grandi dans le Morvan, elle a vu la forêt évoluer, les feuillus se faire remplacer par des cultures de résineux. Elle ne compte plus les coupes à blanc qui dégradent le paysage, déjà uniformisé par les plantations de pin douglas. Pour protéger la forêt, Isabelle s’est engagée. Elle est aujourd’hui la référente forêt de l’association Adret Morvan. Nous sommes partis en balade avec elle.

« Il faut conscientiser les gens sur la nécessité de préserver les forêts »

Gestionnaire forestier indépendant et titulaire d'une thèse en écologie, Gaëtan du Bus est à l'initiative du Réseau Alternatives forestières, dont il est désormais administrateur. Cette association, créée en 2008, s'est donné comme objectif de promouvoir une sylviculture écologiquement et socialement solidaire.

 

Depuis deux cents ans, la superficie des forêts françaises a considérablement augmenté. Comment ces nouvelles forêts se sont-elles constituées ?

Depuis le Moyen-Âge et jusqu’au XIXe siècle, la superficie forestière a d’abord beaucoup diminué, passant de près de 30 % du territoire à environ 10 % en 1850. Malgré des textes pour protéger la forêt, notamment l’ordonnance de Colbert en 1669 qui visait à garantir l’approvisionnement en bois pour les besoins seigneuriaux et militaires, la pression sur les forêts était considérable. Le bois était la première source d’énergie et de construction et la forte densité de population dans les milieux ruraux nécessitait des besoins de chauffage importants. Puis l’industrie naissante des forges, verreries et tanneries a aussi eu besoin de bois et de charbon de bois comme source d’énergie.

Fourier, l'utopiste passionné

Philosophe, penseur, rêveur, utopiste, socialiste, réaliste, on ne sait trop comment présenter Charles Fourier, qui publie au début du XIXe siècle une théorie de l’Attraction universelle. Lui se considère plutôt comme un inventeur qui a imaginé ce que pouvait être un monde où l’organisation sociale se base sur la pleine expression des passions et les principes de l’association. Il ouvre la voie du travail attrayant avec ses séries passionnées, la courte durée des séances, l’absence de contrainte. Fourier critique le monde civilisé et s’étonne que la pauvreté puisse naître de l’abondance même. Ce qu’il propose à l’humanité, c’est la clé d’accès à l’Harmonie universelle.« Qu’est-ce que l’utopie ? C’est le rêve du bien sans moyen d’exécution, sans méthode efficace. » Ces mots ont paradoxalement été écrits par Charles Fourier, considéré comme l’un des plus importants représentants du socialisme utopique. Si ce n’est peut-être l’évocation des phalanstères, son nom n’a guère laissé de traces dans l’imaginaire collectif. Charles Fourier ne se considère donc pas comme un utopiste, mais comme l’inventeur de « l’attraction passionnée » et du « mécanisme sociétaire ». Il expose les bases de sa théorie dans un ouvrage imprimé en 1808, dans lequel il compare son invention à la découverte par Newton des lois du « mouvement matériel ». Avec son étude des passions, Fourier pense avoir deviné celles du « mouvement social », qui doivent, par étapes successives, nous conduire du chaos à l’Harmonie universelle.

Tous les âges à tous les étages

Contre la solitude, pour éviter la maison de retraite, rester chez soi plus longtemps ou par choix de vie, de nombreuses personnes âgées sont en quête de nouvelles façons d'habiter et de cohabiter.

Herboriste : un métier à risques

Officiellement, les herboristes n’existent pas. Depuis 1941, date de la suppression du diplôme, la profession est entrée dans un vide juridique. L’Ordre des pharmaciens veille jalousement sur son monopole de commercialisation des plantes médicinales et attaque régulièrement en justice celles et ceux qui tentent d’empiéter sur ses plates-bandes, quand bien même ils sont titulaires d’un diplôme de pharmacien.  

Envies de Commune à la ZAD

Les discussions sur l’avenir de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se font de plus en plus précises. Accords sur l’usage des terres, mises en place de structures collectives, réflexions sur les communs, etc. Habitantes et habitants, paysannes et paysans, voisines et voisins, amies ou amis, beaucoup se projettent dans l’avenir, pour imaginer ensemble ce que pourrait être la vie sur place une fois le projet d’aéroport enterré.

« À quand des prescripteurs pour récolter l’impôt ? » Éclats de rire sur les bancs de la cabane du Gourbi pour cette blague prononcée lors de la réunion hebdomadaire des habitants de la Zone à Défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes. Parmi la quinzaine de personnes présentes ce soir là, tout juste éclairées par quelques bougies et lampes frontales, personne ne songe bien sûr sérieusement à instaurer une fiscalité. Pourtant, l’argent est une problématique qui reste à gérer collectivement : il s’agit d’éviter que la caisse commune ne se vide plus vite qu’elle ne se remplit. Des sous, il en faut par exemple pour imprimer le ZAD News, le journal local distribué dans la soixantaine de lieux habités de la zone, un outil essentiel de cohésion et d’information sur les décisions prises en assemblée, l’agenda, les débats en cours, etc. «  Il suffirait que chacun de nous donne 10 € par mois et on serait large. » Cette fois, l’affirmation semble satisfaire tout le monde, reste à concrétiser l’idée. C’est une anecdote, mais sans doute révélatrice de certains enjeux discutés sur ce territoire, « en lutte contre l’aéroport et son monde. » Ici s’expérimentent de nouvelles manières de vivre, avec une forte envie de « faire Commune. »

Edito #9 et sommaire

Si certains pouvaient encore en douter, les derniers évènements marquent assez clairement l’importance du moment de rupture que nous sommes en train de vivre. Les attentats de Paris ont plongé la France dans un état de sidération et d’effroi, que n’ont pas arrangé les déclarations martiales des dirigeants politiques et l’évocation par Manuel Valls de possibles attaques chimiques et bactériologiques.

« Les journalistes produisent une banlieue hors-sol »

Interview - Jérôme Berthaut est sociologue des médias et auteur de La banlieue du « 20 heures » (éditions Agone, 2013). Ce livre est le résultat de plusieurs années passées en immersion au sein de la rédaction de France 2, afin de faire l’« ethnographie de la production d’un lieu commun journalistique » : le mauvais traitement de la banlieue dans les médias. Cet entretien a été réalisé en complément de l'article "La Révolte de la Villeneuve", tous deux parus dans notre dossier médias du numéro 7.

La révolte de la Villeneuve

En septembre 2013, un énième reportage stigmatisant le quartier grenoblois de La Villeneuve provoque la colère des habitants qui attaquent France 2 en justice pour diffamation. Une première dans la longue histoire des relations tendues entre banlieues et médias. 

Internet : s’y mettre ou ne pas s’y mettre ?

Pour les retraités d’hier et d’aujourd’hui qui ne sont pas nés une souris à la main, le double-clic et la navigation internet ne sont pas innés. Mais à l’heure où le web est presque devenu un incontournable dans la communication, il faut rester vigilent à ce que la fracture numérique ne devienne pas aussi handicapante que celle du col du fémur. 

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